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Henry Cook, des enfants des rues à l’évangélisation côtière…

On ne sait exactement quand Henry Cook débuta son ministère bénévole auprès des enfants des rues. Il mit probablement sur pied cette œuvre à la fin des années 1840. L’agglomération de Portsmouth représentait la plus grande concentration industrielle de la côte sud de l’Angleterre et les besoins y étaient énormes, aussi bien sur le plan spirituel que sur le plan social.

La Grande-Bretagne connaissait alors une misère sociale considérable, décrite par Dickens. Misère, prostitution et criminalité guettaient une population prolétarisée. Les enfants en étaient les premières victimes, car ils étaient exclus d’un système éducatif encore élitiste.

Quelques philanthropes, souvent revivalistes et non conformistes, décidèrent de créer des écoles pour les enfants des rues. Leur modèle est le cordonnier John Pounds, de Portsmouth, justement. Les maîtres sont bénévoles, les classes sont des granges, des temples ou des entrepôts, les programmes sont sommaires, mais l’accueil est gratuit et les jeunes savent rapidement lire et compter. Ce sont les « écoles en haillons », ragged schools en anglais. 300.000 enfants démunis furent ainsi scolarisés de 1844 à 1881. Le premier président des ragged Schools britannniques, Anthony Ashley Cooper, 7e lord Shaftesbury, était un des grands leaders évangéliques du temps.

Henry Cook

Henry Cook et deux de ses élèves des rues dans les années 1860

Henry Cook ouvrit sa propre Ragged School en 1853 à Gosport. Il y ajouta quelques années plus tard un foyer pour jeunes ouvriers. Son objectif était d’encadrer des adolescents, les amener à la foi, et de leur donner une formation professionnelle liée à la marine. Le dispositif s’étoffa en 1869, sous le nom de The Portsmouth and Gosport Seamen’s Mission. Quelques années plus tard, Henry Cook inaugura une sorte de sailor’s home à Gosport, 66 South Street, ainsi que d’autres œuvres pour les jeunes-filles et les marins pauvres.

La réputation de notre homme grandit dans la région. Il intéressa des donateurs à ses œuvres, en particulier un couple d’aristocrates du comté, Lord et lady Cholmondeley. Son comité local comprenait des représentants de la bourgeoisie locale. Henry Cook en était le président et le salarié.

Selon les normes de l’époque, la formation professionnelle des jeunes gens comportait la maîtrise de l’aviron sur des canots qui sillonnaient le vaste plan d’eau du Solent. Mais déjà, un autre projet intéressait Henry Cook, sur le modèle des navires d’évangélisation qui croisaient sur les grands lacs américains ou les rivages de la Nouvelle-Angleterre. Leurs cales étaient prévues pour accueillir les meetings du soir. L’idée séduisit le directeur de la Portsmouth and Gosport Seamen’s Mission. Il acheta une vieille barge de transport à voile pour cet usage et y détacha plusieurs de ses élèves, le temps de missions littorales à la belle saison.

wherry

Une barge à voile (wherry) sur un cours d’eau anglais

Au début des années 1880 Henry Cook visita ainsi chaque été les côtes de la Cornouailles, assisté de prédicateurs locaux. Et puis, un jour de tempête, le vieux Wherry hors d’âge talonna et se perdit sur le rivage, mais, heureusement, sans autres pertes que matérielles.

Au delà de ce désastre momentané, une ultime étape se préparait : celle de la Mission sur les côtes françaises et anglaises, dont notre pays allait être le principal bénéficiaire.

(à suivre…)

Jean-Yves Carluer.

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